Lumière sur 3 familles d’ingrédients cosmétique

En cosmétique il existe des milliers d’ingrédients possibles. On peut les diviser en 3 grandes familles :

  • Les ingrédients de synthèse (origine pétrole ou charbon).
  • Les ingrédients d’origine naturelle qui sont des molécules tirées du vivant, le plus souvent un végétal.
  • Les ingrédients naturels, ce sont les plus simples, par exemple une huile végétale ou un jus de fruit…

De la typologie des ingrédients découle l’honnêteté du fabricant et l’impact laissé sur la planète par le produit.

Le pétrole c’est naturel ! Oui mais quelle idée de ressortir des substances que notre planète a mis des millénaires à enfouir au plus profond d’elle-même ? Les ingrédients de synthèse sont les champions de la lubrification des moteurs, qui marchent moins bien avec de l’huile d’olive, eux.

Ces ingrédient de synthèse EN COSMÉTIQUE, on les trouve chez les grandes marques Internationales revendues dans des chaines de magasins très chics et sur éclairés pour vous éblouir. Si seul le prix était un indice auquel se fier, ce serait simple. Les cosmétiques les plus chers sont souvent les maîtres de l’ingrédient de synthèse. Ils sont généralement reconnaissables à la promesse de ressembler à la star de cinéma vendue avec. Apprenez surtout à nos ados influençables par la publicité, à les éviter. Je sais en tant que père combien c’est difficile.

A ce propos, vous souvenez vous d’un produit qui s’appelait Oil of Olaz autrefois ? Sans que personne ne sache ce qu’est de l’huile d’Olaz, un industriel réussissait à vous (j’étais trop jeune et peu ridé à cette époque) vendre du rêve de jeunesse éternelle avec une liste d’ingrédient à décoller du papier peint. Mais je m’égare, pardonnez-moi. Ne les achetez plus par pitié. Au passage je vous conseille de jeter vos crèmes qui contiendraient l’ingrédient mineral oil, ou parafinum liquidum… ce sont des dérivés du pétrole.

Vous l’avez compris vous n’en trouverez pas dans la composition des produits de la savonnerie Champagne, je ne sais même pas où on peut s’en procurer.


Les ingrédients d’origine naturelle

Tensio actif industriel

Tensio-actif industriel

C’est la deuxième catégorie de cette famille. Ils sont élaborés par des industriels de la chimie « verte ». Verte mais pas vertueuse, ces industriels sont le plus souvent des pans de conglomérats encore plus gros, cotés en bourse. C’est vous dire si leur chimie est verte et leurs préoccupations proches de vous et de l’avenir de Nos Enfants ! Beaucoup de choses y sont cachées. Ils revendent leurs mixtures, prêtes à l’emploi à des assembleurs.

Je vais vous présenter un champion du monde de l’ingrédient d’origine naturelle pour bien appuyer le propos. Vous avez tous lu sur les étiquettes des savons liquides industriels (ou artisanaux du reste) un ingrédient pudiquement nommé coco glucoside. C’est une base lavante, appelée aussi tensio-actif, pour savon liquide. Le coco glucoside est très répandu. Il est en réalité le faux nez d’un dérivé de l’huile de noix du palmier (cf source cosing, liste officielle Européenne des ingrédients cosmétiques).

Le point de vue est simple : si l’huile de palme est naturellement génératrice de mousse naturellement, c’est donc qu’une molécule qu’elle contient en est responsable. L’industriel construit donc une usine pour répondre à la demande mondiale d’agent moussant d’origine naturelle. Il y isole cette molécule. Il l’installe sur un support stable et dépose un brevet avec un nom aguicheur et trompeur : ce sera « coco glucoside ». Méfiez-vous des cocos, ce sont souvent des palmos déguisés. Palmo glucoside c’est moins sexy.


Chacun peut assembler une base lavante facilement en affirmant droit comme papa fait de la politique « c’est moi l’ai fait ce savon liquide ! »

Il suffit d’ajouter stoïquement que c’est une base lavante douce. Là le pigeon de consommateur n’y voit que du feu. Si en plus le palmier a poussé sans pesticide, on peut ajouter fièrement que c’est une base lavante bio. Plus chic encore, si le petit paysan à qui on a confisqué sa terre pour y faire pousser le palmier a eu la délicatesse d’y laisser sa peau, on peut affirmer qu’il est commerce équitable, avec un label qui plus est ! Vous vous sentez salis soudainement ? Détendez-vous sous la douche avec un de mes savons et revenez lire la suite…

Vous vous sentez mieux ? Non ? Vous n’aviez pas encore un de mes savons dans votre salle de bain ? Lisez ce qui suit avant de passer par la boutique.


Laissez-moi vous compter les dessous de la tromperie Internationale des savons liquides. Nous en étions à cette base lavante douce « coco glucoside »

C’en est une parmi d’autres ; on la dit douce pour la peau, ce qui reste à vérifier. Le process est un secret industriel gardé jalousement à l’autre bout de la planète. Les bases lavantes sont également à l’origine d’une duperie envers le consommateur. Pour peu que vous cherchiez à comprendre la sincérité des produits que vous consommez quotidiennement, vous percez là le mystère de la cosmétique faite maison et de la cosmétique semi-finie ou semi-industrielle ou semi artisanale, selon le point de vue. C’est la cosmétique la plus répandue, elle est étonnante de subtilité.


L’industriel a donc revendu sa base lavante à l’huile de palme à un autre Industriel ou à un artisan qui ne saponifie pas vraiment

Nous les appellerons des assembleurs. La base lavante sera allongée d’un volume d’eau variable, éventuellement d’un colorant, et de conservateurs. Ces préparations aqueuses s’oxydent et les micro-organismes s’en font un festin. Puis l’industriel et l’artisan peignent en vert une jolie étiquette et vous disent que c’est un « savon liquide bio à la pimprenelle et autre huile de jobobar du coin de la rue ». Vous y croyez, vous avez trouvé « the one » l’unique, l’ultime savon liquide idéal, bio et local. Les plus polis d’entre-vous diront « On se fait avoir Paulette ! ». Vous avez raison Marcel, il y a duperie sur l’origine. Au même titre qu’il y a duperie en vous vendant un plat cuisiné industriel pour être cuisiné par le restaurateur himself. En restauration, il y a des lois sur le fait maison, pas en cosmétique. Plus le restaurant est cher plus c’est vexant. Ragez, ragez bien, car en cosmétiques c’est monnaie courante, chers Paulette et Marcel.


A la savonnerie Champagne, tous les produits sont élaborés ici, en Vendée, dans mon petit labo familial, convivial et toutes sortes de mots qui finissent pas al ou par sympathique aussi

Comment fabriquons nous (vraiment) nos savons liquides ? On se lève tôt, vers 5 h. Nous plaçons les huiles dans un chaudron, nous les chauffons doucement pour fondre les beurres. Nous y ajoutons un alcalin : de la potasse. Puis cette préparation chauffe longuement dans un chaudron, plusieurs heures. Le résultat donne un savon potassique noir. On y ajoute de l’eau et éventuellement une ou plusieurs huiles essentielles bio, et ça sent super bon dans tout le labo et c’est tout. Pas de coco glucoside industriel, pas de coco caprylate industriel, pas de conservateur, pas de colorant, pas d’épaississant. Vous observerez au passage, que nous sommes restés sur le registre des ingrédients naturels, à aucun moment nous ne nous sommes fourvoyés auprès des industriels de la « chimie verte » et de leur huile de palme.


Pour le reste de la gamme, c’est la même démarche. En respectant ces valeurs nous vous respectons. Nous travaille dignement et vous achetez pour l’avenir de la planète et celui de Nos Enfants

Est-ce qu’on parle des ingrédients naturels pour finir ?

C’est très simple, comme à chaque fois que quelque chose est sincère, inutile d’user de périphrases. Prenons un exemple : vous pressez un citron bio, vous ajoutez 5 % de jus à 95 % d’’argile verte vous lui donnez une texture avec de l’eau de façon à vous en faire un masque. Vous avez mélangé 3 ingrédients naturels. Rien de plus simple. Au fond un ingrédient naturel c’est tout ce qui provient de la nature et qui a été transformé de manière douce. Parmi ces procédés de transformation on peut citer pêle-mêle le broyage, le mélange mécanique, la cuisson, la fermentation, la macération, la distillation, la saponification… Dans notre exemple, admettons que le citron est bio. L’argile verte, quant à elle, n’est pas certifiable bio, vous aurez donc obtenu un masque visage au jus de citron 100 % naturel mais bio à 5 % !


Cqfd, vous venez de percer un deuxième mystère de la cosmétique bio. Mais ça ce sera l’objet d’un autre article, un autre jour.

Les ingrédients naturels ont bien évidemment ma préférence dans mes formules. Quand je le peux, je les approvisionne directement dans des fermes en Bio près de chez moi.

Vous pouvez réagir à cet article, je vous souhaite du beau, du bon, du Bio et de bonnes douches !

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